Lundi, 05 Avril 2010 15:57
Le suivi et évaluation, voilà un exemple de concepts dont on parle souvent et qui ont tendance à ne pas nous laisser indifférents. Les deux termes sont indissociables et forment un même concept d’autant qu’il ne peut y avoir de suivi sans évaluation ; le suivi, en dernière analyse, n’en est qu’une partie.
Qu’est ce qu’est le suivi-évaluation ?
C’est un concept rebelle qui n’accepte pas d’être perçu de la même manière, ni d’être mis en œuvre de la même manière. Il pousse même le défi jusqu’à profiter des différences culturelles des différents pays pour rendre sa domestication par les praticiens, davantage délicate.
Vu les ruses que le concept nous oppose, nous proposons une démarche atypique pour le cerner.
Nous proposons de commencer d’en observer, les effets issus des pratiques, de manière à relever les points de rencontre avec les activés similaires classiques, les instruments mis en œuvre, les buts, le tout, de façon implicite, sans comparaison formelle.
Pour y arriver, nous recourrons à une sorte d’itération, consistant à y évoluer par observations et formulation de questions précises, histoire de trouver une sorte de d’intersection entre les différents sens qu’on lui prête et sortir avec une définition qui tendrait à traduire la pratique en cours.
Vu les ruses que le concept nous oppose, nous proposons une démarche atypique pour le cerner.
Nous proposons de commencer d’en observer, les effets issus des pratiques, de manière à relever les points de rencontre avec les activés similaires classiques, les instruments mis en œuvre, les buts, le tout, de façon implicite, sans comparaison formelle.
Pour y arriver, nous recourrons à une sorte d’itération, consistant à y évoluer par observations et formulation de questions précises, histoire de trouver une sorte de d’intersection entre les différents sens qu’on lui prête et sortir avec une définition qui tendrait à traduire la pratique en cours.
Quelles frontières avec les évaluations classiques ?
Les frontières ne sont pas suffisamment démarquées par rapport aux autres pratiques de retour d'information telles que le suivi, le contrôle ou l'analyse de gestion, le contrôle de conformité, le benchmarking , l'expertise, la recherche appliquée ou l'audit
Nous pourrions dire que le suivi- évaluation s’inspire de ces techniques ou les utilise sans s’y réduire.
Nous pourrions dire que le suivi- évaluation s’inspire de ces techniques ou les utilise sans s’y réduire.
Quels instruments ?
La pratique du suivi-évaluation s’adosse à une boîte à outils, riche comprenant des activités techniques, scientifiques d’observation, de mesure et d’analyse, mais elle ne s’y réduit pas. Nous ne pouvons pas lui appliquer exclusivement les instruments des sciences exactes car elle comporte parfois des aspects qui appellent à l’observation et aux sciences sociales,
A-t-il une spécificité ?
S’il devait en avoir ce serait son institutionnalisation rampante, l’intégrant à la gestion publique et au fonctionnement du système politique.
Quels buts ?
C’est une démarche dont la noblesse est plus affirmée qu’ailleurs, exigences dans le sens de valeurs que sont : rigueur, impartialité, transparence, souci de tenir compte de la pluralité des points de vue, volonté de faire prévaloir l’intérêt général.
Suivi -Evaluation, d’accord, mais évaluation de quoi et dans quel cadre?
D’aucuns, surtout du côté des anglo-saxons parlent d’évaluation de projets, d’autres, les francophones, parlent d’évaluation de politiques publiques de développement. De part la pratique plus ou moins admise en général, le suivi-évaluation ressemble en divisant, puisqu’il porte sur les deux, en les dépassant. Il porte sur les politiques publiques, les programmes, mais aussi les projets, les mesures, les dispositifs, etc.- conçus et mis en œuvre sous la responsabilité d’une autorité publique en vue d’atteindre des objectifs spécifiques.
Quelles méthodologies ?
Le suivi-évaluation demande un plan de travail préétabli , bien dimensionné pour que le coût de l’opportunité de la mission soit justifiable et la maîtrise des techniques qui vont de l’observation, de sources d’information, mise en œuvre de questionnaires, de conduite d’entretiens, avec une taille d’échantillon représentatif, de provocation d’avis différents par la conduite de méthode de groupe de travail . C’est dire que la méthodologie recourt aussi ben aux sciences sociales qu’aux techniques quantitatives et scientifiques.
Après avoir essayé de répondre aux questions précédentes, serions-nous en mesure d’en donner une définition ?
Après avoir essayé de répondre aux questions précédentes, serions-nous en mesure d’en donner une définition ?
Quelle définition ?
Enfin, nous arrivons à ce qui aurait dû notre point départ, si ce n’était le souci de prudence à l’égard d’un concept qui peut berner si l’on ne l’aborde pas avec le respect qui lui sied.
Patience encore, le lecteur n’est pas encore au bout de sa peine, puisque nous ne pouvons nous aventurer à une définition, sans poser d’autres questions censées nous rapprocher un peu plus de la définition.
Le suivi-évaluation, en considération à son caractère à posteriori, et pourvu qu’il cherche à maximiser son rendement doit répondre aux questions suivantes :
Que s'est-il passé ? a-t-on bien fait ? Comment faire mieux ? Mr Bernard PERRET , dans son livre intitulé Evaluation des politiques publiques, pense que ces 3 questions répondent en fait à 3 soucis aussi légitime l’un que l’autre et qui, de surcroît, traduisent à l’état de l’acception du concept aujourd’hui, du moins dans notre espace francophone, encore lui. Les 3 soucis explicatifs sont dans l’ordre des questions ci-dessus :
la collecte et le traitement d'informations sur l'action publique
des préoccupations normatives
des préoccupations instrumentales liées au bon fonctionnement et à l'efficacité des administrations et services publics.
Ce troisième critère serait à étendre aux projets et à toute opération dont on se proposerait de mesurer l’utilité du point de vue de la collectivité qui l’avait initiée ou qui serait censée en attendre les bénéfices.
Au vu, du développement précédent, nous dirions que la définition donnée par le décret français du 18 novembre 1998 créant le Conseil national de l’évaluation aurait été bonne si le dit décret ne l’avait cantonnée à l’évaluation des politiques publiques de développement.
Le décret français stipule que l’évaluation, est une politique publique, ayant pour objet d'apprécier l'efficacité de cette politique en comparant ses résultats aux objectifs assignés et aux moyens mis en œuvre.
Patience encore, le lecteur n’est pas encore au bout de sa peine, puisque nous ne pouvons nous aventurer à une définition, sans poser d’autres questions censées nous rapprocher un peu plus de la définition.
Le suivi-évaluation, en considération à son caractère à posteriori, et pourvu qu’il cherche à maximiser son rendement doit répondre aux questions suivantes :
Que s'est-il passé ? a-t-on bien fait ? Comment faire mieux ? Mr Bernard PERRET , dans son livre intitulé Evaluation des politiques publiques, pense que ces 3 questions répondent en fait à 3 soucis aussi légitime l’un que l’autre et qui, de surcroît, traduisent à l’état de l’acception du concept aujourd’hui, du moins dans notre espace francophone, encore lui. Les 3 soucis explicatifs sont dans l’ordre des questions ci-dessus :
la collecte et le traitement d'informations sur l'action publique
des préoccupations normatives
des préoccupations instrumentales liées au bon fonctionnement et à l'efficacité des administrations et services publics.
Ce troisième critère serait à étendre aux projets et à toute opération dont on se proposerait de mesurer l’utilité du point de vue de la collectivité qui l’avait initiée ou qui serait censée en attendre les bénéfices.
Au vu, du développement précédent, nous dirions que la définition donnée par le décret français du 18 novembre 1998 créant le Conseil national de l’évaluation aurait été bonne si le dit décret ne l’avait cantonnée à l’évaluation des politiques publiques de développement.
Le décret français stipule que l’évaluation, est une politique publique, ayant pour objet d'apprécier l'efficacité de cette politique en comparant ses résultats aux objectifs assignés et aux moyens mis en œuvre.
Evaluation, quels impacts ?
Nous aurions sensiblement limité notre analyse si nous nous étions abstenus d’étendre nos interrogations aux impacts du suivi-évaluation.
Comme le suivi évaluation est difficile à mettre en œuvre en raison de ces éventuelles retombés sur les Autorités administratives et publiques, ses effets ne sont pas parfois évidents, ni perceptibles, en raison des blocages dressés sur son chemin.
Le suivi évaluation, s’il devait avoir la chance de démarrer, les blocages administratifs en diminueraient sensiblement l’impact et s’il devait aboutir à des recommandations fortes, ces dernières s’en trouveraient gelées pour grossir les dossiers en instance qui finiraient par se fossiliser. Là encore la responsabilité est partagée avec d’autres acteurs, lesquels ?
Comme le suivi évaluation est difficile à mettre en œuvre en raison de ces éventuelles retombés sur les Autorités administratives et publiques, ses effets ne sont pas parfois évidents, ni perceptibles, en raison des blocages dressés sur son chemin.
Le suivi évaluation, s’il devait avoir la chance de démarrer, les blocages administratifs en diminueraient sensiblement l’impact et s’il devait aboutir à des recommandations fortes, ces dernières s’en trouveraient gelées pour grossir les dossiers en instance qui finiraient par se fossiliser. Là encore la responsabilité est partagée avec d’autres acteurs, lesquels ?
Evaluateurs, quelle vigilance ?
En matière de difficultés du suivi- évaluation, il ne serait pas juste de n’impliquer que les Autorités, les évaluateurs eux-mêmes auraient quelque chose à se reprocher.
Si le suivi- évaluation est une technique plus ou moins nouvelle, les évaluateurs semblent plus obsolètes .En plus de leur vulnérabilité à la pressions des lobbies, à l’argent facile, aux pressions sociales, ils emblent malheureusement emprunter des sentiers battus .Leurs évaluations, leurs opinions s’ils étaient invités à en donner, s’inscriraient souvent dans la culture ambiante, du « politiquement correct «.
Un article paru dans la dernière livraison du monde diplomatique sous la plume de Pierre Rimbert , nous révèle les résultats d’une étude menée par 3 chercheuses britanniques au Royaume Uni , résultats qui mettent en relief le conformisme des évaluateurs .
Les exemples révélés par l’étude nous poussent à nous demander est-ce que le suivi évaluation s’intéresse vraiment à l’essentiel ou il le délaisse plutôt pour le connexe.
A force que les évaluateurs évaluent toute chose et tout bien à l’aune du rendement, les chercheuses leur retournent la question pour leur demander qu’est ce qu’ils rapportent à la société ?!
Elles y abordent les inégalités sur l’échelle des deux extrêmes de rétribution et leurs coûts sociaux.
L’étude oppose la création de valeur pour les actionnaires à celles qu’en tire la collectivité .Contrairement à ce que nous croyions, les retombées sont sans commune mesure socialement s’entend.
Un ouvrier de recyclage qui touche 7 euro ou 6 livres, à l’heure, permet de générer pour chaque, livre de salaire payé, 12 livres de valeur pour la collectivité. Les grands banquiers qui reçoivent des rétributions parfois jusqu’à 10 millions de livres, détruisent 7 livres de valeur sociale pour chaque livre de valeur financière créée !
Un conseiller fiscal dont le métier, disons-le, consiste à priver la collectivité du produit de l’impôt, détruit plus de 47 fois plus de valeur plus qu’il n’en crée
Ces données si elles étaient vérifiées créeraient de sérieux troubles qui mettraient en question, à leur tour, l’univers de l’évaluation en général ou du moins ses fondamentaux.
S’il le fallait, pourquoi pas ? Il n’est jamais trop tard pour mieux faire.
Si le suivi- évaluation est une technique plus ou moins nouvelle, les évaluateurs semblent plus obsolètes .En plus de leur vulnérabilité à la pressions des lobbies, à l’argent facile, aux pressions sociales, ils emblent malheureusement emprunter des sentiers battus .Leurs évaluations, leurs opinions s’ils étaient invités à en donner, s’inscriraient souvent dans la culture ambiante, du « politiquement correct «.
Un article paru dans la dernière livraison du monde diplomatique sous la plume de Pierre Rimbert , nous révèle les résultats d’une étude menée par 3 chercheuses britanniques au Royaume Uni , résultats qui mettent en relief le conformisme des évaluateurs .
Les exemples révélés par l’étude nous poussent à nous demander est-ce que le suivi évaluation s’intéresse vraiment à l’essentiel ou il le délaisse plutôt pour le connexe.
A force que les évaluateurs évaluent toute chose et tout bien à l’aune du rendement, les chercheuses leur retournent la question pour leur demander qu’est ce qu’ils rapportent à la société ?!
Elles y abordent les inégalités sur l’échelle des deux extrêmes de rétribution et leurs coûts sociaux.
L’étude oppose la création de valeur pour les actionnaires à celles qu’en tire la collectivité .Contrairement à ce que nous croyions, les retombées sont sans commune mesure socialement s’entend.
Un ouvrier de recyclage qui touche 7 euro ou 6 livres, à l’heure, permet de générer pour chaque, livre de salaire payé, 12 livres de valeur pour la collectivité. Les grands banquiers qui reçoivent des rétributions parfois jusqu’à 10 millions de livres, détruisent 7 livres de valeur sociale pour chaque livre de valeur financière créée !
Un conseiller fiscal dont le métier, disons-le, consiste à priver la collectivité du produit de l’impôt, détruit plus de 47 fois plus de valeur plus qu’il n’en crée
Ces données si elles étaient vérifiées créeraient de sérieux troubles qui mettraient en question, à leur tour, l’univers de l’évaluation en général ou du moins ses fondamentaux.
S’il le fallait, pourquoi pas ? Il n’est jamais trop tard pour mieux faire.
Par Md Fadel ould Ahmed Yahya
Consultant, Vice Président de l’Association Mauritanienne pour le Suivi-Evaluation (AMSE)


